Quelquefois, elle croit que le monde est à elle. C'est le seul endroit qu'elle aime, vraiment, surtout au lever du jour, quand il n'y a encore personne de réveillés, et que les voitures sont encore froides. Marion voudrait que ce soit toujours comme cela, avec le ciel clair au-dessus des maisons sombres, et le silence, qu'on croirait descendu du ciel pour apaiser la Terre. Mais est-ce qu'il y a des anges? Autrefois sa mère lui racontait de longues histoire où il y avait des anges aux grandes ailes de lumière, qui planaient dans le ciel au-dessus de la ville, et descendaient pour porter secours à ceux qui en avaient besoin, et elle disait qu'on savait que l'ange était là quand on sentait sur son cou un passage de vent, rapide et léger comme un souffle qui vous faisait frissonner. Sa soeur Laure se moquait d'elle parce qu'elle croyait a ces histoires, et elle disait que les anges, ça n'existait pas, qu'il n'y avait rien d'autre dans le ciel que des avions. Et les nuages? Mais pourquoi les nuages prouvaient l'existence des anges? Marion ne s'en souvient plus, et elle a beau faire des efforts, rien ne lui revient.
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Alors Marion tombe par terre sur le sol rouge sang, elle s'affale doucement comme un tas de chiffons, et sa main et son poignet tuméfiés pendent le long de son corps. La douleur la brûle jusque sous l'épaule, mais elle ne dit rien, elle ne prononce pas une parole, même si les larmes salées coulent sur ses joues et mouillent les commissures de ses lèvres.
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Alors Marion tombe par terre sur le sol rouge sang, elle s'affale doucement comme un tas de chiffons, et sa main et son poignet tuméfiés pendent le long de son corps. La douleur la brûle jusque sous l'épaule, mais elle ne dit rien, elle ne prononce pas une parole, même si les larmes salées coulent sur ses joues et mouillent les commissures de ses lèvres.
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Le Clésio


